#0018 Coronados

Coronados

Encore les Coronados ???

 Eh oui encore les Coronados, quand on aime on ne compte plus…

N’importe quoi… quoi n’importe quoi ?

OUI !!!! N’importe quoi, premier opus des Coronados, album méconnu et sans doute le plus précieux et dandy au moins pour la décennie des 80’s, chaînon manquant improbable entre les Olivensteins et Étienne Daho ( et là je prête le flanc aux critiques des puristes) …

Je me souviens encore la première fois que je l’ai écouté, le jour où Hervé a sorti la galette pour la poser délicatement sur sa platine…première écoute déjà conquis, bousculé sous les assauts de guitares âpres rugueuses, une fougue inédite, des mélodies au service du propos frustre sauvage, un flow vomi éructé dans ta face.

Cet album sorti d’une cave ou d’outre tombe ; le chant la première fois, tu ne chopes que quelques mots mis en exergue, placés comme des mines anti personnelles, tu n’as rien compris mais tu sais de quoi il cause, ponctué de argh héé, tu sais qu’il vit dans le mal-être et le mal d’être là, mais tant qu’à être ici il va faire le grand déballage, étaler ses tripes et son cœur pour sauter à pieds joints dessus…

Je me souviens du sourire narquois d’Hervé, « alors tu trouves ça comment ? » et moi bouche bée encore soufflé par la déflagration du blast, mon estomac accusant le coup.

J’ai dû partir avec la copie sur K7 dans ma poche…Arrivé chez moi, je me passe me repasse encore la K7 jusqu’à déchiffrer les syllabes désarticulées mangées bouffées recrachées postillonnées…

Les guitares en font de même avec un son sorti d’une boite de conserve et énorme quand même, une éloge du gringalet qui part en croisade seul contre le reste du monde, un acte de bravoure désespéré  où tu sais que tu vas te manger de toute façon le coin du trottoir sur ton dentier tout neuf, enfin bref tu vois l’esprit…

Cet album m’était complètement sorti de la tête, la K7 depuis le temps a fini par se dévider dans le magnétophone, et je n’ai pas eu l’occasion de le réécouter, quand dernièrement j’ai retrouvé une copie numérique de cet ovni. Ni une ni deux je glisse le cd dans le tiroir du lecteur…

REBLAST !!! Encore le souffle coupé les jambes en coton, sensation intacte pour qui l’a déjà vécu.

Je l’écoute une fois, deux fois, trois fois, BOUM ! BOUM ! ET REBOUM !!! Et là je me dis, je pourrais mourir aujourd’hui, quitter cette terre à l’instant. Et tu sais quoi je serais heureux d’avoir réentendu et redécouvert cet album…N’IMPORTE QUOI !